Plaisir, contact social, expérience de la nature: «faire du sport» ne signifie pas seulement «performance»

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Il y a quelque temps, une dame âgée m’a raconté une anecdote. La veille, elle avait quitté son appartement pour aller faire les courses. Elle devait pour cela marcher environ deux kilomètres aller-retour. Juste avant qu’elle ne soit de retour chez elle, ce qu’elle constata l’irrita : elle avait oublié d’emporter son podomètre ! Ce petit appareil permet de mesurer la fréquence cardiaque et la distance parcourue. Tant de mouvement et de pas non comptabilisés ! Cela l’avait agacée. Elle riait elle-même de son erreur alors qu’elle racontait. En réalité, elle voulait simplement me dire à quel point il est satisfaisant et amusant de mesurer, de comparer d’un jour à l’autre son activité, parfois même de se fixer des petits records personnels grâce à cet appareil, fixé au poignet. Elle était presque « accro » à son podomètre.

 

Un effet positif sur le corps et l’esprit

J’ai pu le constater à plusieurs reprises, et cette rencontre me l’a une nouvelle fois démontré : si le sport est correctement pratiqué, cela procure du plaisir. Mais que signifie faire « correctement » du sport ? Quel est le « bon niveau » d’exercice physique ? La réponse est relativement simple : cela doit correspondre à chacun, il faut se sentir à l’aise. Ce qui est le cas lorsqu’on fait de l’exercice de manière adaptée à ses capacités. Cette dame a apparemment trouvé ce qui lui convient : elle combine son besoin d’exercice et sa performance avec un certain intérêt pour un outil de mesure moderne et l’envie de comparer ses efforts d’un jour à l’autre (« Ai-je fait mieux aujourd’hui qu’hier ? »). Les effets sont évidents : elle a l’air en forme, de bonne humeur et fière d’elle.

 

 

Pratiquer un sport et faire de l’exercice ont incontestablement un effet positif sur le corps et l’esprit. Cette vérité de Lapalisse est valable à tout âge. Même une personne qui souffre d’un handicap peut en profiter. Le nombre croissant de participants aux programmes Jeunesse et sport ainsi qu’aux groupes de retraités actifs en est la preuve concrète.

 

 

Des nouvelles motivations pour se lancer

Il n’est pas toujours facile de se lancer dans une activité sportive alors qu’on a des problèmes de santé. D’autant qu’un très grand nombre de gens associent toujours le sport à la performance, la transpiration et la compétition. Cependant, le sport a connu une évolution particulièrement importante pour les personnes handicapées : l’offre s’est beaucoup diversifiée. Cela va de pair avec l’évolution de la compréhension du sport par les gens. Depuis un certain temps, de plus en plus s’engagent dans le sport indépendamment des motivations classiques que sont la performance et la compétition. Il est plutôt synonyme de joie, de plaisir, de lien social, de contact avec la nature. Une étude menée en 2014 par le Département fédéral du sport souligne ce phénomène. Il en résulte une interaction positive : les nouvelles motivations influencent l’offre et encouragent les gens à faire plus d’exercice.

 

C’est très important, car les muscles non entrainés ont une absorption et une utilisation d’oxygène plus faible. Pour les malades pulmonaires, qui souffrent déjà d’une absorption d’oxygène limitée, cela signifie une sévère réduction des performances, pouvant les mener à l’invalidité. Une des thérapies les plus efficaces est, de ce fait, la pratique d’une activité physique. Certes, le sport ne remplace pas une prise en charge, cependant il a été démontré que la pratique régulière d’une activité d’endurance améliore la qualité de vie, tant pour les personnes souffrant d’asthme que pour celles atteintes de BPCO. Cela réduit aussi l’insuffisance respiratoire et contribue à l’augmentation de l’espérance de vie, en cas de BPCO.

 

Souvent, les malades pulmonaires évitent les efforts physiques par peur d’une insuffisance respiratoire. Ils entrent ainsi dans un cercle vicieux. L’immobilité croissante conduit inévitablement à une augmentation de la faiblesse physique ou du déconditionnement, ce qui affaiblit plus encore les muscles, les fonctions respiratoires, circulatoires, et a souvent pour conséquence un état dépressif. Des programmes d’entraînement individuels existent pour aider les patients atteints de maladies pulmonaires à sortir de cette spirale, grâce auxquels ils peuvent augmenter leur utilisation de l’oxygène et donc leurs performances. Un entraînement régulier, dans le cadre d’une réhabilitation pulmonaire encadrée, est particulièrement adapté. Le cyclisme – avec ou sans l’aide d’un moteur électrique –, la randonnée et la natation sont des exemples de sports appropriés.

 

Peut-être êtes-vous de ceux qui ont trouvé un équilibre grâce à l’exercice physique. Peut-être avez-vous abandonné il y a quelque temps, ou n’avez encore rien essayé. Mon conseil : essayez une fois encore, prenez connaissance des nouvelles possibilités que nous offre la technologie. Vous trouverez quelque chose qui vous convient. Et vous ne le regretterez pas..

 

Cordialement, Matthias Remund

Directeur du Département fédéral du sport OFSPO

 

Texte: Matthias Remund, directeur de l’Office fédéral du sport OFSPO
Illustration: Leslie Umezaki

Les prestations de la Ligue pulmonaire

Du yoga au Nordic Walking: l’exercice physique fait du bien au corps et à l’âme. La Ligue pulmonaire offre un large éventail de sports ainsi qu’une thérapie respiratoire. Elle organise également des séjours de repos pour les personnes souffrant d’insuffisance respiratoire et pour leurs proches.

Plus d’infos :

www.lungenliga.ch/cours

 

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Ligue pulmonaire suisse
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